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Portugal: with firm socialist principles in defence of those who fight on a day-to-day basis for a better life

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by Bloco de Esquerda
Photo: –
(version française ci-dessous)

Over the last few months, Portugal has been dominated by a handful of events that have been decisive in shaping its current political landscape.

On the one hand, the response to the social and economic crisis triggered by the COVID-19 pandemic has been approached through the approval of a Supplementary Budget, aiming to reinforce the financial support to workers and their families as well as the human and material resources of the National Health Service.

Bloco de Esquerda was able to approve a series of proposed amendments intending to protect all those who have been most affected by the current social and economic crisis, such as an extraordinary unemployment benefit covering all workers who were not covered by pre-existing benefits (i.e. independent workers with benefits below the poverty line, informal workers, domestic service workers, lawyers and solicitors, etc.), although proposals to increase payment of the lay-off regime up to 100%, extending the extraordinary support for the income of micro-entrepreneurs and individual workers, as well as prohibiting State support to companies with shareholders based in “tax havens” and offshores, were all rejected.

Hence, despite lacking in structural measures which would enable workers to better cope with the present challenges, Bloco de Esquerda decided to abstain in the final vote, thus enabling the approval of a Supplementary Budget at a critical stage of the pandemic and therefore ensuring the urgent financing of the emergency measures that the people and particularly those in a context of greater fragility needed.

The approval and implementation of these measures has become even more relevant in the last weeks, since Portugal has been facing a considerable increase in COVID-19 infections, averaging 800 new cases per day – a value similar to those reported at the peak of the first wave –, along with a gradual increase in the number of deaths, although well below the numbers reported in the rest of Europe.

On the other hand, the discussions of the 2021 State Budget have recently begun.

Since the Socialist Party’s government does not have an overall majority of MPs in the Portuguese Parliament, it will need to reach agreements with other political forces in order to approve the 2021 State Budget. For this reason, Bloco de Esquerda argues that for this Budget to be approved by the left, it must equally respond to the crisis through the lenses of the left.

While bearing in mind the profound economic and social effects that have risen from the pandemic crisis, with the deepening of social inequalities and the loss of income and jobs currently affecting countless people, it is particularly important to consider poverty, labour precariousness, unemployment and public investment as the paramount challenges of next year’s budget; that is why labour law reforms shall be among Bloco de Esquerda’s main vindications, including the replacement of the severance pay amount, the reduction of the experimental period, limiting temporary employment contracts to a maximum of three renewals for six months, and forcing service platforms like Uber or Glovo to operate in Portugal only if their workers have employment contracts.

All in all, protecting employment and wages, while ensuring more investment in health, education and public services, shall be the steering premises of Bloco de Esquerda’s stance while negotiating with the government.

Finally, the upcoming months will also be marked by the 2021 presidential elections, which will be held in January 2021. MEP Marisa Matias, whose candidacy is once again supported by Bloco de Esquerda, will run in next year’s presidential elections.

Despite the peculiar context of these elections, in the midst of a pandemic crisis, Marisa Matias will dispute them by “listening, by giving a voice to those who are fearless, by supporting those who are courageous and take care or others”.

But this will also be a campaign against those who use fear as a political tool. Forty-six years after the Carnation Revolution, which overthrew the authoritarian and fascist Estado Novo regime, the extreme-right has been gaining ground in the Portuguese political panorama, having elected one MP in the 2019 legislative elections and set to extend their representation in the forthcoming years.

With its reactionary, national-populist and neofascist rhetoric, André Ventura and the supporters of his party CHEGA have been fostering polarisation and division within the Portuguese society, which, incidentally, has instigated a recent increase in racial violence in Portugal. André Ventura will also run for president in the 2021 presidential elections, which should be one more opportunity for CHEGA to spread fear and promote hate speech against minorities.

It is with this political context that Bloco de Esquerda reaffirms its intentions to remain firm to its socialist principles, in defence of those who fight on a day-to-day basis for a better life and wish to become free from any oppression.

 

*** FR ***

 

Au cours des derniers mois, le Portugal a été marqué par une poignée d’événements qui ont contribué de manière décisive à façonner son actuel paysage politique.

D’une part, la réponse à la crise sociale et économique déclenchée par la pandémie du Covid-19 a privilégié l’adoption d’une hausse de budget en vue d’augmenter l’appui financier aux travailleur·se·s et à leurs familles ainsi que les ressources humaines et matérielles consacrées au Service national de santé.

Le Bloco de Esquerda a pu entériner une série de propositions d’amendements axées sur la protection des personnes les plus touchées par la crise économique et sociale, dont une allocation-chômage extraordinaire pour tou·te·s les travailleur·se·s n’ayant pas été couvert·e·s par les allocations préexistantes (à savoir les travailleur·euse·s indépendant·e·s sous le seuil de pauvreté, les travailleur·euse·s informel·le·s, les travailleur·euse·s domestiques, les avocat·e·s, etc.). En revanche, l’ensemble des propositions visant à majorer les indemnités de licenciement jusqu’à 100 %, à étendre les aides financières extraordinaires aux microentrepreneurs et aux travailleur·euse·s individuel·le·s et à interdire le soutien de l’État aux entreprises cotées en bourse qui sont offshore et enregistrées dans des « paradis fiscaux » ont été rejetées.

Par conséquent, malgré le manque de mesures structurelles permettant aux travailleur·euse·s de mieux faire face aux défis actuels, lors du vote final, le Bloco de Esquerda a opté pour l’abstention. Un budget supplémentaire a donc pu être entériné quand la pandémie a atteint un seuil critique, ce qui a garanti le financement immédiat des mesures d’urgence requises par la population, en particulier par les plus vulnérables.

Au cours des dernières semaines, l’approbation et la mise en œuvre de ces mesures sont davantage venues à point nommé. En effet, le Portugal est confronté à une augmentation dramatique des infections au Covid-19, avec une moyenne quotidienne de 800 nouveaux cas — un chiffre analogue à celui qui fut signalé lors du pic de la première vague — et à une hausse progressive du nombre de décès. Ce chiffre est toutefois en deçà du bilan rapporté dans le reste de l’Europe.

D’autre part, les pourparlers sur le budget 2021 de l’État ont récemment commencé.

Comme il ne dispose pas d’une majorité au Parlement, pour faire approuver le budget 2021 de l’État, le gouvernement du Parti socialiste devra dégager des accords avec d’autres forces politiques. Pour cette raison, le Bloco de Esquerda soutient que, pour que la gauche se prononce en faveur du budget, il doit également apporter une réponse à la crise devant être abordée selon le prisme de la gauche.

Tout en gardant à l’esprit les terribles conséquences économiques et sociales de la crise liée à la pandémie, marquée par une aggravation des inégalités sociales et la perte de revenus et d’emplois touchant actuellement d’innombrables personnes, il est primordial de considérer la pauvreté, la précarité du travail, le chômage et les investissements publics comme les principaux défis pour le budget du prochain exercice. De ce fait, les revendications majeures du Bloco de Esquerda incluront les réformes du droit du travail, notamment une modification du montant de l’indemnité de départ, la réduction de la période d’essai, la limitation du renouvellement des contrats de travail à durée déterminée à un maximum de trois s’étendant sur six mois, ainsi que l’obligation, pour les plateformes de services telles qu’Uber ou Glovo, d’opérer au Portugal à la condition expresse que leur personnel dispose de contrats de travail.

Dans l’ensemble, en sus de la hausse des investissements dans la santé, l’éducation et les services publics, la protection de l’emploi et des salaires constituera LE socle de la position du Bloco de Esquerda lors des négociations avec le gouvernement.

Enfin, les prochains mois seront également marqués par les élections présidentielles de 2021, prévues pour janvier 2021. L’eurodéputée Marisa Matias, dont la candidature est à nouveau soutenue par le Bloco de Esquerda, s’y présentera.

Malgré leur contexte particulier, au cœur d’une crise liée à la pandémie, Marisa Matias y participera pour « être à l’écoute et donner une voix aux personnes qui n’ont pas peur et pour appuyer ceux et celles qui font preuve de courage et prennent soin des autres ».

Cependant, cette campagne sera également menée contre les personnes qui instrumentalisent la peur comme arme politique. Quarante-six années après la Révolution des œillets, qui a renversé le régime autoritaire et fasciste de l’Estado Novo, l’extrême droite gagne du terrain sur la scène politique portugaise. Lors des élections législatives de 2019, elle a obtenu un poste de député et elle se prépare à élargir sa représentation au cours des prochaines années.

Au sein de la société portugaise, avec leur discours réactionnaire, national-populiste et néofasciste, André Ventura et les partisans de CHEGA, son parti, ont alimenté la polarisation et la division qui, ceci soit dit au passage, est à l’origine d’une récente progression de la violence raciale. André Ventura se portera également candidat aux élections présidentielles de 2021, une occasion supplémentaire pour que CHEGA répande la peur et fomente des discours haineux contre les minorités.

C’est dans ce contexte politique que le Bloco de Esquerda réaffirme sa ferme intention de préserver ses principes socialistes, en défense des personnes qui luttent au quotidien pour une vie meilleure et qui souhaitent se libérer de toute forme d’oppression.