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by Rifondazione Comunista
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(English version further below)

La soi-disant phase 2 de la lutte contre le Covid-19 décidé par le gouvernement Conte dans le mois de juin est toujours en cours et est aussi très révélatrice de l’hégémonie capitaliste sur nos sociétés et en particulier sur la politique. Nous sommes entrés dans la phase 2 sans les conditions minimales de protection des travailleurs et des travailleuses et avec le risque de la propagation du virus. Aucune sanction pénale significative n’a été envisagée pour les entreprises responsables de ne pas avoir garanti les conditions de sécurité pour la santé des travailleurs, ni un plan de contrôle sérieux et généralisé sur les lieux de travail et des transports publiques. L’Italie a été la première en Europe à faire face à l’épidémie de Covid à partir de sa région la plus riche, la Lombardie, mais bien qu’elle soit prise comme exemple de bonnes pratiques pour lutter contre le Covid-19, elle a montré clairement l’incapacité des classes dirigeantes néolibérales et du gouvernement Conte à profiter de l’expérience dramatique et à sortir de la crise pour défendre réellement les gens tous de la maladie, de la crise économique et sociale. Pour cette raison, il est très important que le Parti de la Gauche européenne ait décidé de publier un livre de Vittorio Agnoletto, qui dénonce les responsabilités de la catastrophe survenue en Lombardie et qui donne un aperçu de la manière dont la pandémie de Covid a été traité dans différents pays européens.

Après cette prémisse nécessaire pour illustrer le contexte, les points centraux de la situation italienne sont les suivants :

1) En ce moment en Italie les infections de Covid se multiplient et malheureusement rien n’a été fait ces derniers mois pour remédier aux défaillances du système de santé : la médecine territoriale est encore abandonnée et sans moyens ; les coupes au Système nationale de la santé qui durent depuis des décennies ont entraîné une pénurie de milliers de médecins et d’infirmières et les rares qui sont embauchés sont précaires. Le Gouvernement n’a pas pensé à l’autonomie dans la production de réactifs pour écouvillons et analyses sérologiques. Pendant ce temps, toute la situation de traitement pour les autres pathologies est bloquée et ralentie, avec des conséquences graves pour nombreux sujets. Dans cette situation chaotique, la santé privée se renforce : les patients se tournent vers la santé privée pour avoir, en payant, les soins nécessaires et, surtout, certaines autorités publiques des régions confient des fonctions et des tâches délicates à la santé privée (tests dans l’aéroport, recrutement de personnel, etc.) Le secteur privé se prépare à se tailler la part du lion dans l’accès aux fonds qui seront prodigués à la santé.

2) La reprise des cours à l’école et à l’université c’était une étape importante d’un point de vue symbolique et un test du système éducatif ; mais elle a été caractérisée par l’incertitude et la précarité et a mis en évidence pas seulement l’irresponsable ‘improvisation ministérielle, mais la nécessité d’aborder les problèmes historiques de l’éducation : trop d’élèves par classe, un bâtiment scolaire désastreux, une pénurie de personnel stable. Pour respecter les règles anticovid tout est fait: formation à distance, fréquentation en alternance, horaires réduits, personnel précaire sans droits. Il est clair que le droit à l’éducation risque de ne pas être garanti pour les groupes économiquement et culturellement plus faibles.

3) En septembre a eu lieu un “election day” une journée au cours de laquelle une consultation référendaire a été combinée avec 6 élections régionales et nombreuses élections municipales. Le referendum a demandé si les italiens voulaient réduire le nombre des parlementaires, une mauvaise modification de la Constitution qui était un de points de négociation entre PD et 5S pour donner naissance au nouveau gouvernement Conte. Nous avons lutté pour défendre la Constitution avec ANPI, ARCI, CGIL et nombreux camarades et amis. La victoire du oui était prévisible : le sentiment d’éloignement des institutions et le ressentiment envers les privilèges de la caste des politiciens constituent un sens commun répandu et le poids croissant des difficultés économiques a fait le reste. Pour cela et pour les conditions dans lesquelles s’est déroulée la campagne électorale et l’information sur le fond de la question, nous considérons comme un bon résultat le 30% des opposants à la réforme. On sait que c’est un vote transversal, qui a aussi touché la droite pour diverses raisons, mais c’est à partir de ce 30% qu’il faut lutter pour une nouvelle loi électorale proportionnelle et pour rouvrir le lien avec les nombreux “oui” du Sud et des classes populaires inspirées par un malaise social très fort que la gauche n’a plus intercepté.

Les élections régionales ont été caractérisées par une très forte polarisation ; le centre-droit conquiert les Marches, mais dans les Pouilles, la Campanie et la Toscane, la victoire reste aux coalitions de centre-gauche et surtout aux présidents de la région, avec leurs listes de soutien. De notre point de vue, il faut souligner la défaite des listes alternatives autonomes, de celles au sein des coalitions de centre-gauche et aussi de l’hypothèse de la Ligurie avec Sansa – un laboratoire de l’alliance PD-5S porté par une candidature à la présidence régionale d’une personne connue pour ses positions radicales. La fragmentation des forces alternatives est sanctionnée et il est clair qu’il existe une relation étroite entre la radication sociale et la crédibilité d’une proposition politique alternative.

4) Depuis mars, le gouvernement Conte a lancé 3 mesures économiques pour un total de 100 milliards, pour faire face aux conséquences économiques et sociales de la pandémie. Entre février et juin, environ un demi-million de travailleurs ont perdu leur emploi, malgré l’arrêt des licenciements toujours en vigueur. Les mesures de lutte contre la pauvreté sont confuses, dispersées et fragmentées. Axé sur l’outil des «bonus» et non sur les interventions structurelles. Les interventions destinées à aider les personnes et les familles sans revenus et à garantir la stabilité des secteurs économiques sont totalement insuffisantes et bien inférieures à celles allouées par d’autres États.Les retards avec lesquels ils sont déboursés apparaissent d’autant plus graves parcequ’ils concernent dans nombreux cas des secteurs sociaux qui déjà en temps normal n’atteignent pas la fin du mois ou des petites et très petites entreprises qui ont souvent des revenus similaires à ceux des salariés. Mais rien n’a été alloué pour des millions de personnes.

Dans cette crise sociale très grave Bonomi, Président de Confindustria veut redéfinir les relations et les règles entre capital et travail, attaque le contrat national de travail, les revenus de citoyenneté et toutes les subventions pour la pauvreté. Pour lui les subventions, les prêts non remboursables ne sont dues qu’aux entreprises Déjà maintenant seulement 1/3 des fonds alloués par le Gouvernement Conte sont allés aux travailleurs et le reste aux entreprises. Cette asymétrie de classe ira à augmenter de plus en plus. 216 milliards arriveront de l’UE, tardivement et aussi sous conditions, mais la situation est sans précédent. Nous ne luttons pas contre les coupes, mais pour savoir comment utiliser les fonds.

Rifondazione Comunista veut occuper l’espace public avec une initiative politique et sociale forte, elle a une proposition organique d’utilisation des fonds pour le secteur public la santé, l’éducation, la recherche, la médecine territoriale, les salaires des chômeurs, gel des licenciements jusqu’en décembre 2021 et grand plan de reconversion environnementale pour la production et l’économie.

*** EN ***

The so-called phase 2 of the fight against Covid-19 unveiled by the Conte government in June is still in progress, and is also highly revealing about the capitalist hegemony in our societies and in politics in particular. We entered phase 2 without the minimum conditions of worker protection in place and with the risk of the virus spreading. No significant criminal sanction has been considered for companies responsible for not having guaranteed safe conditions for workers’ health, nor has a serious, board-based control plan been issued for work spaces and public transport. Italy was the first country in Europe to come to grips with the Covid epidemic in its wealthiest region, Lombardy, but although it has been cited as an example of best practice to combat Covid-19, it clearly showed the inability of the neoliberal ruling classes and the Conte government to learn from the dramatic experience and really protect everyone from the disease, and the economic and social crisis. For this reason, it is very important that the Party of the European Left decided to publish a book by Vittorio Agnoletto, which denounces those responsible for the catastrophe in Lombardy and which provides an overview of how the Covid-19 pandemic has been dealt with in various European countries.

Following this premise to set out the context, the key points of the situation in Italy are as follows:

1) At present, Covid infections are multiplying in Italy, and unfortunately, nothing has been done in the last few months to address the failures of the healthcare system: regional healthcare continues to be abandoned and without resources; the cuts to the national healthcare system that have been going on for decades have led to a shortage of thousands of doctors and nurses, and the rare ones who have been hired are in insecure employment. The government has not thought about autonomy in the production of reagents for swabs and serological tests. During this time, treatment for all other pathologies has stalled and slowed down, with serious consequences for numerous patients. Private healthcare has grown stronger in this chaotic situation: patients are turning to the private sector in order, by paying, to get the necessary care, and above all, a number of regional public authorities are entrusting delicate functions and tasks to private healthcare providers (tests in airports, staff recruitment, etc.) The private sector is preparing to carve out for itself the lion’s share of the funds that will be provided to healthcare.

2) The resumption of lessons at school and university was an important symbolic step and a test of the education system; but it was marked by uncertainty and insecurity, and highlighted not only the irresponsible and improvised manner in which government acted, but the need to tackle historical education problems: too many pupils per class, dilapidated school buildings, a lack of stable staff. Every attempt is made to comply with anti-Covid rules: distance learning, rotating attendance, shorter hours, staff hired on an insecure basis without rights. It is clear that the right to education may not be guaranteed for the economically and culturally weakest groups.

3) An election day was held in September, during which a referendum was combined with six regional elections and numerous municipal elections. The referendum asked if Italians wanted to reduce the number of parliamentarians, an adverse change to the Constitution that was one of the points negotiated between the PD and 5S that gave rise to the new Conte government. We fought hard to defend the Constitution with ANPI, ARCI, CGIL and numerous comrades and friends. The victory of the “yes” campaign was expected: the feeling of alienation from institutions and resentment of the privileges enjoyed by the political caste are widespread, and the increasing burden of economic problems did the rest. For this reason and given the conditions in which the election campaign took place and information on the issue was provided, we consider the 30% opposed to the reform as a good result. We know that this vote comes from various sources, as the right was also affected for various reasons, but it is from this 30% that we have to fight for a new proportional election law and to re-establish the link with the many “yes” votes of the South and the working classes driven by very strong social malaise that the left no longer connects with.

The regional elections were extremely polarised; the centre-right conquered Le Marche, but centre-left coalitions, and above all the presidents of the regions with their support lists, won in Puglia, Campania and Tuscany. From our viewpoint, we should highlight the defeat of alternative autonomous lists, of those within centre-left coalitions, and also of the Liguria experiment with Sansa – a PD-5S alliance with a candidate for the regional presidency known for his radical positions. The fragmentation of alternative forces is punished, and it is clear that there is a close correlation between social roots and the credibility of an alternative political proposal.

4) Since March, the Conte government has launched three economic measures totalling EUR 100 billion to deal with the economic and social consequences of the pandemic. Between February and June, around half a million workers lost their jobs, despite the ban on lay-offs still in force. The measures to combat poverty are confused, disparate and fragmented, and are centred on the “bonus” tool rather than on structural measures. The measures intended to help people and families with no income and to guarantee the stability of economic sectors are wholly insufficient and well below those allocated by other countries. The delays with which they are disbursed seem all the more serious, because in many cases, they concern social sectors that in normal times do not make it to the end of the month or small or micro companies that often have revenues similar to those of employees. And nothing has been allocated to millions of people.

In this extremely serious social crisis, Carlo Bonomi, President of Confindustria, wants to redefine the relations and rules between capital and work, attacks the national labour contract, citizens’ income and all subsidies for the poor. In his view, subsidies, non-reimbursable loans, are only for companies. Already, only one third of the funds allocated by the Conte government have gone to workers and the rest to companies. This class asymmetry is set to increase further. EUR 216 billion will come from the EU, belatedly and also with conditions attached, but the situation is unprecedented. We are not fighting against cuts, but to know how the funds will be used.

Rifondazione Comunista [Communist Refoundation Party] wants to occupy the public space with a strong political and social initiative, and has its own proposal to use the funds for the public sector, healthcare, education, research, regional medicine, wages for the unemployed, a freeze on lay-offs until December 2021 and a major environmental redevelopment plan for production and the economy.