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by Tiina Sandberg, Finnish Communist Party (SKP)
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(version française ci-dessous)

In Finland, the first wave of the corona was brought under control by decisive action. The country did not find itself in a full Lockdown situation, with partial closures of services and decisions to reduce the movement of people, the epidemic virtually disappeared by the summer. There is another wave going on right now and the situation seems much more worrying.

Although Finland has avoided the worst, health care services are under enormous pressure. This is reflected not only in the extreme exhaustion of staff, but also in prolonged treatment queues, which in turn increases mortality in general. Unlike in many countries, Finland also did not take into account the burden on healthcare workers and other staff. Corona supplements were regularly not received.

The economic effects of corona have been combated in Finland mainly by supporting large companies and businesses. Instead, efforts to help people and small businesses have been inadequate. The smallest income earners have been temporarily given a small increase in basic security and the situation of the unemployed has been slightly eased. Much of the support given to businesses has not been possible for that small businesses to obtain. Big companies, which would have had other opportunities to rebalance their finances, have received the most money.

Unemployment growth has not stopped and the government’s reluctance to direct support to municipalities is preventing them from employing people, even though the need for workers is plentiful and the corona situation is exacerbating the need for services in many sectors. The draft budget, under discussion at the time, will close the gap in the municipal economy caused by the corona pandemic by 1.45 billion. It does not even fully cover municipal corona losses and is temporary. In addition, the government will maintain most of the the cuts made by the previous government.

The government promises to cover the direct costs related to the coronavirus. But for chronic resource shortages in health care, elderly services, and other municipal services, it provides very little.

The extension of compulsory education to 18-year-olds and the gradual implementation of free secondary education will begin in the autumn of next year. However, far too little money has been set for it. Vocational training receives extra money, but not permanent but mainly one-off.

In employment policy, Sanna Marini’s government uses less care than its predecessor and invests more in employment services, but it is still based on the right-wing idea of improving employment by increasing labor supply, even though there is a shortage of jobs in conditions of high unemployment. The budget ignores the state’s ability to create more jobs itself and invest in new value, labor and income-creating production.

As early as the beginning of 2020, the government promised significant climate action. However, the steps towards a carbon-neutral Finland remained modest. The tax on peat was raised, but only to the extent that its competitiveness vis-à-vis other heating fuels is maintained. A reduction of approximately 245 million euros in electricity tax is proposed for industry. The government believes it will unconditionally promote electrification and reduce emissions, which is unlikely.

No significant progress has been made in improving basic security. Poverty problems are becoming more and more cumulative, but tackling them is apparently going to be delayed pending a comprehensive social security reform, which may be completed at some point.

The economic crisis and worsening unemployment would require action here and now to increase small pensions, basic unemployment benefits, study grants and other basic benefits. The draft budget also lacks proposals to reduce social and health care payments and housing costs.

The most incomprehensible decision is that in this economic situation, the Finnish left-wing government is saving on everything but defense spending. The appropriations for the Defense Forces will increase by 54 per cent next year. It means that Finland will be spending 1.4 % of our BKT to military. Instead of the 0,7 we spend now.

In Finland, the focus of security policy has shifted from peace policy to armaments and closer involvement in US and NATO military activities. In addition, the procurement mandate for HX fighters has been recorded so that the price of about ten billion euros will increase with the cost level, armament replenishment and life cycle upgrades. Despite widespread public opposition, which also include many activists from Left Alliance, this arms acquisition is being resolutely pursued.

 

*** FR ***

En Finlande, des mesures déterminantes ont permis de maîtriser la première vague de coronavirus. Le pays ne s’est pas retrouvé en confinement total. À l’été, grâce à la fermeture partielle de certains services et aux restrictions sur les déplacements, l’épidémie avait pratiquement disparu. En ce moment, une autre vague se manifeste et la situation semble beaucoup plus inquiétante.

Bien que la Finlande ait évité le pire, les services de santé subissent une énorme pression. Cela se reflète non seulement par un épuisement extrême du personnel, mais également par de longues files en attente d’un traitement, une situation qui, à son tour, mène à une hausse générale de la mortalité. Contrairement à de nombreux pays, la Finlande n’a pas pris en considération la charge pesant sur les travailleurs de la santé et les autres membres du personnel. En outre, les suppléments d’allocations liés au coronavirus n’ont pas été versés de manière régulière.

En Finlande, la lutte contre les répercussions économiques du coronavirus a privilégié le soutien aux grandes entreprises et au secteur privé. En revanche, les mesures d’aide à la population et aux petites entreprises ont été inappropriées. Les plus petits revenus ont temporairement bénéficié d’une modeste amélioration de la sécurité sociale de base et la situation des chômeurs s’est légèrement redressée. Cependant, les petites entreprises n’ont pas pu accéder à la plupart des aides accordées au secteur privé. Alors qu’elles avaient d’autres alternatives pour rééquilibrer leurs finances, ce sont les grandes entreprises qui ont reçu la majorité des fonds.

Le chômage continue de progresser. De plus, la réticence du gouvernement à apporter un soutien direct aux municipalités empêche ces dernières d’embaucher du personnel alors que les besoins d’effectifs sont énormes et que la situation du coronavirus exacerbe la demande de services dans une foule de secteurs. L’avant-projet de budget, en cours de discussion, comblera le déficit causé par la pandémie au niveau des finances municipales à hauteur de 1,45 milliard d’euros. Il ne couvre même pas la totalité des pertes des municipalités liées au coronavirus et la mesure est temporaire. De surcroît, le gouvernement poursuivra la plupart des coupes sombres effectuées par son prédécesseur.

Le gouvernement promet de financer les dépenses directement liées au coronavirus. Néanmoins, en réponse au sous-financement chronique des soins de santé, des services aux personnes âgées et d’autres services municipaux, son intervention est très modeste.

L’extension de l’enseignement obligatoire jusqu’à 18 ans et l’application graduelle de la gratuité du secondaire débuteront à l’automne de l’année prochaine. Cependant, les fonds prévus à cet effet sont beaucoup trop limités. Des montants supplémentaires sont alloués à la formation professionnelle, quoique de manière ponctuelle, donc non permanente.

En matière de politique de l’emploi, le gouvernement de Sanna Marini fait moins attention que son prédécesseur et il consent davantage d’investissements dans les services d’emplois. Néanmoins, il continue d’appliquer la thèse de droite selon laquelle l’amélioration du taux d’emploi repose sur une augmentation de l’offre de main-d’œuvre, même dans un contexte de déficit de la demande d’emplois et de chômage élevé. Le budget ne tient pas compte de la capacité de l’État à créer lui-même plus d’emplois et à investir dans une nouvelle production génératrice de valeur, d’emplois et de revenus.

Dès le début de 2020, le gouvernement a promis d’importantes mesures sur le climat. Toutefois, les progrès de la Finlande vers la neutralité en carbone sont restés modestes. La taxe sur la tourbe a été majorée, quoiqu’à la condition de préserver sa compétitivité vis-à-vis des autres combustibles de chauffage. Le gouvernement propose au secteur industriel d’abaisser la taxe sur l’électricité pour un total de 245 millions d’euros. Il croit qu’il favorisera de manière inconditionnelle l’électrification et réduira les émissions, ce qui est peu probable.

Aucun progrès significatif n’a été enregistré sur le plan de la sécurité sociale de base. On assiste à une juxtaposition croissante des problèmes liés à la pauvreté, dont l’abordage devrait apparemment tarder en attendant une réforme intégrale de la sécurité sociale, censée aboutir tôt ou tard.

Dès maintenant, la crise économique et l’aggravation du chômage requièrent des mesures visant à augmenter les petites pensions, les allocations chômage de base, les bourses d’études et d’autres allocations essentielles. En outre, l’avant-projet de budget ne comporte pas de propositions de diminution des cotisations sociales, des frais de soins de santé et du coût du logement.

Dans cette conjoncture économique, la décision du gouvernement de gauche la plus incompréhensible concerne la réduction des dépenses tous azimuts, hormis en matière de défense. L’année prochaine, la dotation de la Défense augmentera de 54 %. En d’autres termes, 1,4 % de notre PIB sera destiné à l’armée, par opposition aux 0,7 % consacrés actuellement.

En Finlande, en matière de politique de sécurité, l’accent est passé de la paix à l’armement et à une plus grande participation aux activités militaires des États-Unis et de l’OTAN. En outre, le mandat pour l’achat des avions de combat HX a été acté de sorte que le montant — près de dix milliards d’euros — augmente en fonction du niveau des coûts, du réapprovisionnement en armement et des mises à jour liées à leur cycle de vie. Malgré une large opposition de la population, dont celle de nombreux militants de l’Alliance de gauche, cet achat d’armes reste de manière résolue à l’ordre du jour.

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